Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel – Marianne Rubinstein

les_arbres_ne_montent-pas_jusqu_au_cielUn roman en forme de journal, où l’on retrouve l’héroïne du Journal de Yaël Koppman.

A la fin du Journal de Yaël Koppman, en bonne héroïne de chick lit Yaël avait rencontré l’homme de sa vie et attendait un enfant. Trois ans ont passé et ce nouveau roman s’ouvre sur une séparation. Leur fils Simon entre à la maternelle, quand Yann annonce à Yaël qu’il la quitte. Il va dorénavant vivre avec Laura, sa professeure de danse qu’elle lui avait présentée. Yaël est dévastée. Nous ne sommes alors plus dans la légèreté propre à la chick lit. La mélancolie qui s’invitait parfois dans Le Journal de Yaël Koppman cette fois envahit tout.

« Plus d’énergie, sauf pour griffonner quelques lignes dans mon journal. Sentiment d’une très ancienne tristesse, recouverte par une lourde tenture que la rupture avec Yann aurait déchirée, découvrant l’effondrement ancien, la dévastation première. » (p. 19)

Son « besoin de consolation impossible à rassasier » va la conduire à chercher un réconfort chez Montaigne, Sénèque, Flaubert, Proust…

« La lecture et l’écriture sont-elles autre chose qu’un dérivatif pour celle qui n’a rien d’autre dans sa vie ? » (p. 64)

Mais bien sûr, petit à petit, Yaël va reprendre goût à la vie…

Ce roman m’a déçue et m’a fait bâiller d’ennui. J’imaginais que Marianne Rubinstein avait repris le personnage de Yaël après avoir eu une aussi bonne idée que celle à l’origine du Journal de Yaël Koppman. Mais aucune bonne idée n’a présidé à l’écriture de ce roman. Il s’agit presque d’un vrai journal intime, écrit au premier degré, débordant de considérations banales sur la quarantaine. Il n’y a plus ce joli décalage de l’intellectuelle lectrice de Virginia Woolf qui s’essaie à la chick lit. Entre les deux romans Marianne Rubinstein est devenue une auteure de pure chick lit ou au moins de roman féminin et de lecture facile. L’écriture qui m’a paru plus travaillée dans les premières pages revient vite aussi insipide que celle du roman précédent. Bref, une lecture dont j’aurais pu me dispenser.

Est-ce que je vais tout de même me tourner vers Détroit, dit-elle, un essai sur Détroit que Marianne Rubinstein a fait paraître en cette rentrée ? Je vais y réfléchir…

flopLes arbres ne montent pas jusqu’au ciel, Marianne Rubinstein, Albin Michel, 2012, 196 p.

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3 réflexions sur “Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel – Marianne Rubinstein

  1. Zut alors! c’est étrange de frapper fort puis de prendre un tel virage.. c’est souvent le cas avec « les suites » – je reste néanmoins tentée par le premier!

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    • @Keisha, je viens d’aller voir ta chronique de son dernier roman alors je me laisserai probablement tenter. Comme le dit Electra, ce sont les suites souvent qui sont souvent décevantes. Mais Marianne Rubinstein a aussi fait paraître récemment un essai sur Detroit qui me fait encore plus envie.

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