Délivrance – James Dickey

Deliverance - John Boorman (1972)
Deliverance – John Boorman (1972)

delivrance1Dans l’État de Géorgie, quatre amis de la ville partent en expédition en pleine nature. Au programme du week-end : descente d’une rivière en canoé et camping en forêt. Mais la balade va mal tourner…

Ed s’est laissé entraîner par son ami Lewis pour un week-end de canoé avec deux autres copains, Bobby et Drew. Il s’agit de descendre une rivière dans une vallée encore très sauvage, mais vouée à disparaître sous les eaux quand les travaux en cours au niveau du barrage auront libéré la rivière. Lewis est le plus aventureux des quatre amis. Surentraîné à tous les sports de plein air, adepte de la musculation, il ne rêve que d’une grande catastrophe qui lui permettrait de mettre en pratique les techniques de survie qu’il a patiemment acquises. Lewis adore la nature. Il ne la connaît pas aussi bien qu’il le croit, mais il l’idéalise, comme il idéalise les hommes des montagnes qui connaissent « des chansons qu’aucun ethnologue n’a jamais enregistrées ».

« – Je me suis fait construire un abri antiaérien, dit-il. Je te le ferai visiter un de ces jours. On a des doubles portes et des stocks de bouillon et de corned-beef en boîte pur au moins deux ans. On a des jeux pour les enfants, un tourne-disque et toute une collection de disques pour apprendre à jouer de la flûte à bec et monter un orchestre de flûte à bec familial. Mais j’y suis descendu un jour et je m’y suis assis un moment. J’en suis arrivé à la conclusion que la clé de la survie ne se trouvait pas dans les rivets et le métal, dans les doubles portes blindées et les billes de dames chinoises. Elle se trouvait en moi. Elle ne dépendait plus que de l’homme et de ce qu’il était capable de faire. Le corps est la seule chose qu’on ne puisse feindre ; il doit être là, c’est tout. »

delivranceGallmeister a eu la bonne idée de rééditer en 2013 dans une nouvelle traduction le roman de James Dickey paru en 1970 aux États-Unis. Cette année il a reparu en Totem, la collection de semi-poches de Gallmeister.

Si la première partie du roman permet de faire connaissance avec les quatre protagonistes et de découvrir les théories de Lewis en matière de nature et de survie, la deuxième partie paraît longuette. On part en voiture, on charge les canoés, on affronte les premiers rapides, avant de passer la première nuit sous la tente. Il y a bien quelques obstacles et une première rencontre avec des habitants de la région (dont un garçon albinos joueur de banjo), mais il ne s’agit encore que d’une randonnée banale. La mauvaise rencontre ne survient qu’au bout d’une centaine de pages et là tout s’accélère. Le roman devient alors impossible à lâcher.

Suffisamment marquant pour qu’il s’impose comme une référence en cas de randonnée qui tourne mal, Délivrance est un roman susceptible de vous faire définitivement préférer une séance de lecture dans un bon fauteuil à la perspective d’une balade en forêt. Certainement ce que l’on fait de mieux dans le genre du roman de survie.

bienDélivrance, James Dickey, traduit de l’américain par Jacques Mailhos, Gallmeister (collection Totem), 2015, 306 p. (Deliverance, 1970)


delivrance-boormanA mon retour de vacances, j’ai visionné le film de John Boorman adapté du roman de James Dickey. Irréprochable dans sa réalisation, il ne m’a pas paru apporter grand chose au roman auquel il est très fidèle. Certainement plus efficace car démarrant dans le feu de l’action, il ne fait qu’aborder de manière allusive le rapport à la nature et à la survie des personnages et s’attarde assez peu sur leurs problèmes de conscience. C’est pourtant un film culte, qui a le mérite de permettre au roman d’être toujours lu (et réédité).


GeorgieCe roman américain dont l’action se situe en Géorgie m’a donné envie de jouer au petit jeu des 50 États, 50 romans que j’ai repéré sur les blogs (je ne demande qu’à rendre à César ce qui lui appartient, mais je ne sais pas à qui l’on doit ce challenge que j’ai repéré chez Electra, Kathel, Sandrine et Marie-Claude). Sans rythme imposé et sans aucune contrainte, j’essaierai de ne retenir que des oeuvres vraiment emblématiques des États dans lesquels elles se situent.

50etats50romans1/50

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10 réflexions sur “Délivrance – James Dickey

    • @Marie-Claude, oui c’est un classique du genre mais que je n’aurais probablement jamais lu sans cette belle réédition.
      Je vais passer chez toi voir s’il y a une chronique de ce roman…

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      • @Marie-Claude, ça me fait drôle d’avoir un commentaire sur mon blog endormi depuis presque un an. Mais justement, je recommence à lire alors j’envisage de le rouvrir. En ce qui concerne le challenge 50 États en 50 romans, j’espère qu’il est illimité, parce que j’aimerais bien le reprendre aussi, mais sans prévoir mes lectures. En tous cas au début j’imagine qu’on peut lire américain au hasard et cocher les États au fur et à mesure. A la fin probablement qu’il faudra se montrer un peu plus organisé. Merci de ta visite !

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  1. Bizarrement, si la nature ne m’intéresse pas du tout, ce roman ne m’a pas ennuyée, pas plus que le film. Il a surtout confirmé qu’on ne fera jamais de moi une adepte de la randonnée, ni même de la simple promenade en forêt 🙂

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  2. Hello ! Bienvenue dans le challenge 50 Etats – 50 romans moi le film m’a marqué à vie ! Je finirais par lire ce livre mais un autre jour.. Mais je le note !

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    • @Electra, plus que 49 ! 😉 J’imagine qu’en découvrant cette histoire par le film, on est un peu traumatisé. Mais moi j’attendais que le film apporte quelque chose au livre et non. C’est juste une adaptation fidèle qui privilégiant l’action appauvrit même un peu l’univers de Dickey.

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  3. Oui, les livres sont toujours plus « profonds » que les films. A propos de films marquants, j’ai revu (pour la 5ème fois) un autre classique : Voyage au bout de l’enfer – pareil, il y a des images … d’ailleurs j’ignore si c’est inspiré d’un livre! Je file me renseigner 😉

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